Portrait du secteur de la production animale biologique

Au Québec, le secteur de la viande biologique a suivi de développement de ce mode de production et s'est diversifiée, alors que la grande majorité des types d’élevage traditionnels sont maintenant également présents en version biologique. Les statistiques compilées annuellement par le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) révèlent un développement de productions plus spécialisées au fil des ans et une augmentation stable du nombre d'entreprises de viandes biologiques.

Ce secteur comporte son lot de défis, alors que le développement d'appellations alternatives non réglementées (sans antibiotiques, sans hormones, viandes naturelles, etc.) détourne l'attention du consommateur face aux produits animaux biologiques. Ainsi, cette situation joue sur les volumes de production, alors que plusieurs producteurs choisissent une voie moins contraignante que les normes biologiques, pourtant  conçues pour apporter un plus grand bien-être animal et de hauts standards environnementaux.  En effet, chaque production animale a ses particularités quant aux soins vétérinaires, aux techniques d’élevage, aux normes environnementales et à la mise en marché, et les coûts y étant rattachés sont importants.

Ces dernières années, les points de vente de viandes biologiques se sont toutefois diversifiés : Vente à la ferme, agriculture soutenue par la communauté, commerces d'alimentation de spécialité, épiceries et autres offrent une diversité croissante de produits. La variété des productions animales biologiques s'est également accrue. Avec l'accroissement du secteur laitier biologique, le travail effectué pour l'instauration de mécanismes adaptés pour le bovin de réforme porte fruit, tout comme le développement de la production de bovins laitiers de remplacement et la croissance des entreprises offrant du veau biologique.


Sources : Conseil des appellations agroalimentaires du Québec 2006 et Conseil des appellations réservées et des termes valorisants, Usage de l'appellation biologique au Québec, Statistiques 2011, 2012.

La répartition des productions animales biologiques au Québec s'est considérablement modifiée au cours des dernières années. Deux des plus grandes régions productrices de 2006, la Montérégie et Lanaudière, ont vu le nombre d'entreprises de viandes biologiques présentes sur leur territoire diminuer considérablement, alors que le Centre-du-Québec, le Bas-Saint-Laurent, l'Estrie et Chaudière-Appalaches ont connu une importante progression, certaines régions allant jusqu'à doubler, voir tripler, la quantité de producteurs. Fait à souligner également, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, où il n'y avait aucun producteur de viandes biologiques en 2006, en comptait sept en 2011.

Source : CAAQ 2006 et CARTV, Usage de l'appellation biologique au Québec, Statistiques 2011, 2012.

L’essor qu’ont connu les productions animales biologiques au cours des dernières années a permis de développer une expertise technique, ce qui facilite la transition des nouvelles entreprises. Toutefois, la commercialisation de ces produits reste un défi constant et le travail afin de positionner la viande biologique sur le marché tout en garantissant un approvisionnement de qualité et stable en est un de longue haleine. La complexité du marché, la variété des découpes, le respect des normes biologiques à toutes les étapes de la production et du conditionnement des viandes, la conformité aux normes d’hygiène et de salubrité et le respect de la chaîne de froid représentent autant de facteurs qui influent sur la croissance du secteur. Il n'en reste pas moins que l'engouement actuel pour les produits du terroir et le fait que plusieurs transformateurs artisans et restaurateurs choisissent les viandes biologiques font en sorte que les Québécois reconnaissent de plus en plus la valeur ajoutée des produits animaux d'ici.

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